Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

N°0 = Fulltime Killer (Johnnie To & Wai Ka-Fai)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

Fulltime Killer
de Johnnie To & Wai Ka-Fai, écrit par Wai Ka-Fai et Joey O' Bryan





Fulltime Killer ou un typhon de références dans un polar fou furieux, où le plaisir brut transcende toute les petites maladresses.
Fulltime Killer ou un affrontement entre deux tueurs professionnels, radicalement différents mais pourtant similaires.
Fulltime Killer ou des étincelles entre des stars, des réalisateurs et des modèles.


Petit retour sur le film, à l'occasion d'une réédition par l'éditeur Ctv International, dans un coffret réunissant Running Out of Time, Fulltime Killer et Mad Detective. Comment choisir d'étiqueter ce polar d'action, entre cette sempiternelle thématique du Duel des Titans et cette étouffante densité de références, lorsqu'il semble être un tel entrelacs des deux ? Peut-être aucune, par souci d'éviter la naïveté des étiquettes, mais aussi parce que cet entrelacs en question de deux pratiques stéréotypées est probablement trop peu raffiné pour être pris au premier degré.

Rares sont les films à citer leurs inspirations avec autant de directivité à travers les répliques, les situations ou les scènes d'action. Que ce soit Léon, Crying Freeman, Point Break, Desperado, le jeu vidéo Metal Slug, et même The Mission (de Johnnie To himself !), tout y passe ! Qu'importe cette manière de procéder, sans doute trop indélicate ou grossière au goût de certains, car Johnnie To (et son compère Wai Ka-Fai, il est vrai) ne se prend peut-être guère au sérieux dans un film abacadabrant, où les tueurs collectionnent des Snoopy, se répandent en crises épileptiques et apprennent à une vendeuse de vidéoclub à manier le fusil à lunette – ce qu'elle exécute d'ailleurs fort directement face aux membres armés d'Interpol, purement et simplement dépassés par les évènements !

Bien que les tueurs O et Tok soient aussi différenciés sur le papier que peuvent l'être Andy Lau et son panache intarissable face à Takashi Sorimachi et son austérité professionnelle, rarement le principe du dual focus évoqué par Rick Altman dans son ouvrage Film/Genre n'aura été aussi paradoxalement valide au sujet de deux styles d'un même individu, foncièrement opposés dans leur appropriation du cadre, du contrat, et d'une femme – touchante Kelly Lin – et pourtant aussi interchangeables dans un jeu de miroirs digne de The Longest Nite, où l'un observe l'autre, où le premier peut avoir le dessus sur le second, et ainsi de suite. Défis lancés, balles tirées, impacts encaissés, les scènes d'action se succèdent depuis le Japon jusqu'à Hong Kong en passant par Singapour, pour atteindre un final où l'on est ramené à cette phrase que l'on n'explique même plus : "Lorsque la légende est plus grande que la réalité, nous choisissons d'imprimer la légende".

Pierre-Louis Coudercy

Voir le profil de l'utilisateur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum