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N°2 = 3, Histoires de l'Au-Delà (Kim Jee-woon, Nonzee Nimibutr, Peter Ho-Sun Chan)

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3, Histoires de l'Au-Delà
réalisé par Kim Jee-woon, Nonzee Nimibutr, Peter Ho-Sun Chan







VERSION LONGUE : 3 635 caractères


Film à sketches pan-asiatique réunissant des réalisateurs réputés autour du thème de l'Au-Delà, Three fait partie de ce type de projets intéressants mais inévitablement hétérogènes de qualité. Trois histoires différentes, l'une en Corée, la deuxième en Thaïlande et la dernière à Hong Kong. Trois sensibilités différentes pour trois manières d'aborder l'existence post-mortem.

Le retour sur Three se justifie par l'apparition dans les salles obscures des Seigneurs de la Guerre, blockbuster réalisé par Peter Ho-Sun Chan. En vérité, plus que le metteur en scène du dernier moyen-métrage de Three, Peter Chan a été l'instigateur du projet – projet qu'il réitérera ultérieurement avec 3 Extrêmes, autrement plus fascinant. Selon ses dires, les films s'exportaient mal entre pays asiatiques à l'époque, exception faite du mastodonte hong-kongais. L'objectif fut donc d'introduire pour chaque réalisateur de son pays deux autres oeuvres en langue étrangère, sur son territoire et dans le registre horrifique, car c'était à priori le genre qui pouvait circuler le plus facilement entre les différentes cultures.

« Film d'horreur » est un mauvais terme pour désigner Three, car si le sketch Memories de Kim Jee-woon s'inscrit pleinement dans ce domaine avec son histoire de hantise, sa photographie froide et ses effrayantes apparitions aux longs cheveux noirs, et si The Weel, celui de Nonzee Nimibutr l'est tout autant (mais dans un sens différent) de par sa médiocrité et sa mollesse, en revanche, celui de leur collègue hong-kongais ne s'éloigne finalement pas tant que cela du registre de prédilection de ce dernier, à savoir le mélodrame romantique.

Les multiples travellings nous laissant contempler les appartements désertés des grands ensembles résidentiels de Hong Kong évoquent un passé abandonné et un avenir incertain. A cet égard, les photographies accrochées à un miroir isolé nous inviteraient presque ostensiblement à imaginer des fragments de vie passée, minuscules vestiges à peine voués à perdurer après la mort de leurs anciens propriétaires. Vie, mort, au-delà... et la fragile passerelle reliant ces trois extrêmes de l'existence humaine... Ce sont ces notions si classiques et pourtant si peu évidentes à appréhender qui composent Going Home, le petit film de Peter Ho-Sun Chan.

Ainsi, c'est entre autres à travers la mise en scène de la première apparition de Leon Lai – dont la composition est étonnante, que l'on en vient à se demander si ce qui nous entoure est vivant ou mort. A l'image de cet étrange personnage émergeant lentement de l'obscurité totale, la photographie élaborée par Christopher Doyle attribue à l'univers diégétique quelque chose de vaguement fantomatique, décolorant la palette chromatique et renforçant la densité des tons clairs et obscurs. Cette pâleur de peau marquant chaque visage est-elle l'extinction de la vie, scarifiée par son agonie, ou bien au contraire une lente renaissance ?

Le docteur incarné par Leon Lai passerait certes pour un fou en croyant ressusciter petit à petit sa femme, au terme de nombreux jours de soins réguliers. Typiquement chinois est cet emploi de l'herbe médicinale pour vaincre les maux, disait Peter Ho-Sun Chan. Mais par-dessus tout, profondément universel est cet espoir de retrouver un jour ceux que nous avons perdu. Montrer deux fois la mort d'un personnage via le montage relève d'une certaine obscénité, dit-on... Peut-être, mais par ce même montage, faire revivre les défunts le temps d'une image, le temps d'une larme, grâce au fait que l'on puisse « croire », cela restera toujours d'une indéniable beauté.


Pierre-Louis Coudercy


Bonjour à tous !!


Suite à ce post qu'il me faudra réduire, j'aimerais tout de même avoir l'avis de quelques uns d'entre vous.
Parce que pour le coup, chui vachement dubitatif...
D'avance un grand merci à celles et ceux qui voudront bien me donner un coup de pouce. bounce



VERSION COURTE : 2 798 caractères


En tant que film d'horreur à sketches pan-asiatique sur le thème de l'au-delà, Three fait partie de ces projets intéressants mais fatalement hétérogènes de qualité. Trois histoires différentes, l'une en Corée, la deuxième en Thaïlande et la dernière à Hong Kong. Trois sensibilités différentes. Trois manières d'aborder l'existence post-mortem.

« Film d'horreur » est un mauvais terme pour Three, car si le sketch de Kim Jee-woon s'inscrit pleinement dans ce domaine avec son histoire de hantise, sa photographie froide et ses effrayantes apparitions aux longs cheveux noirs, et si celui de Nonzee Nimibutr l'est tout autant (mais dans un sens différent) de par sa médiocrité et sa mollesse, en revanche, celui de leur collègue hong-kongais ne s'éloigne finalement pas tant que cela du registre de prédilection de ce dernier, à savoir le mélodrame romantique.

Les multiples travellings nous laissant contempler les appartements désertés des grands ensembles de Hong Kong évoquent un passé détruit et un avenir incertain. Les photographies accrochées à un miroir isolé nous inviteraient presque ostensiblement à imaginer des fragments de vie passée, minuscules vestiges à peine voués à perdurer après la mort de leurs anciens propriétaires. Vie, mort, au-delà... et cette fragile passerelle reliant ces trois extrêmes de l'existence humaine... Ce sont ces notions si classiques et pourtant si peu évidentes à appréhender qui composent Going Home, le petit film de Peter Ho-Sun Chan.

Ainsi, c'est entre autres à travers la mise en scène de la première apparition de Leon Lai – dont la composition est étonnante, que l'on en vient à se demander si ce qui nous entoure est vivant ou mort. A l'image de cet étrange personnage émergeant lentement de l'obscurité totale, la photographie élaborée par Christopher Doyle attribue à l'univers diégétique quelque chose de vaguement fantomatique, décolorant la palette chromatique et renforçant la densité des tons clairs et obscurs. Cette pâleur de peau marquant chaque visage est-elle l'extinction de la vie, scarifiée par son agonie, ou bien au contraire une lente renaissance ?

Le docteur incarné par Leon Lai passerait certes pour un fou en croyant ressusciter petit à petit sa femme, au terme de nombreux jours de soins réguliers. Typiquement chinois est cet emploi de l'herbe médicinale pour vaincre les maux, disait Peter Ho-Sun Chan. Mais par-dessus tout, profondément universel est cet espoir de retrouver un jour ceux que nous avons perdu. Montrer deux fois la mort d'un personnage via le montage relève d'une certaine obscénité... Peut-être, mais par ce même montage, faire revivre les défunts le temps d'une image, le temps d'une larme, grâce au fait que l'on puisse « croire », cela restera toujours d'une indéniable beauté.

Pierre-Louis Coudercy

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