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N°1= A Bittersweet Life (Kim Jee-woon)

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A Bittersweet Life
Écrit et réalisé par Kim Jee-woon





Décrite comme étant le premier polar noir de Corée du Sud, l'avant-dernière oeuvre de Kim Jee-woon nous raconte la vengeance de Kim Sun-woo, l'ex-bras droit d'un chef de gang. Pour avoir trahi la confiance de ce dernier, le bad guy écope d'une série de tortures. Prenant la fuite dans une explosion de violence désespérée, Sun-woo décide alors d'éradiquer tous ses anciens collègues et d'en finir avec son patron. A Bittersweet Life ou du bonheur à l'état brut.

L'une des premières choses qui marquent l'esprit du spectateur lors de la vision du film, c'est le soin accordé à l'esthétique, qu'il relève de la photographie, du cadrage ou de la composition musicale. Devrions-nous encore en être surpris de la part de Kim Jee-woon ? Que l'on caractérise cette application comme un maniérisme obsessionnel ou une réelle recherche artistique, les premières minutes pourraient synthétiser le devenir du protagoniste à l'échelle du récit.

Concrètement, le restaurant luxueux où évolue Sun-woo est en parfaite adéquation avec lui : la musique aux accents métalliques se répercute sur les parois clinquantes du Sky Lounge, décor constitué de structures géométriques parfaitement alignées, tandis que les cadrages de Kim Jee-woon découpent l'espace en une myriade de lignes de force et de points de fuite. C'est là une perfection qui verse dans l'excès, et selon un principe récurrent, tout ce qui s'avère trop parfait est destiné à être brisé.

Ainsi, le début du film nous présente le héros comme une machine à tuer entièrement dévouée à son parrain, surveillant la vie des autres sans jamais vivre la sienne. Durant cette première partie où le personnage interprété par Lee Byung-hun n'évolue qu'en fonction d'autrui, sa vie semble être des plus mécaniques. Tout cela jusqu'à ce que des éléments viennent s'y incruster délicatement, perturbant ainsi ce qui n'avait été qu'une chrysalide. A l'image du vent en tant que motif régulier du film, quelque chose se lève et émerge du plus profond de Sun-woo, depuis sa rencontre avec la jeune maîtresse du chef de gang. Quelque chose de tourmenté, et qui se répercute sur toute la photographie du film.

Toutefois, loin de Kim Jee-woon l'idée de laisser le film dériver sur une romance, encore que ce soit tout de même le cas de façon sous-jacente. Les dés étant jetés, tout retour en arrière semble impossible. Peut-être même le héros refuse-t-il d'en envisager un, car, si les scènes d'action peuvent se métamorphoser en des moments de bravoure impressionnants, elles n'en sont pas moins imprégnées de désespoir. Homme torturé derrière son apparente et fausse maîtrise de lui-même, Sun-woo se fixe une vengeance dont il peine à comprendre les tenants et aboutissants. Comment a-t-il pu en arriver là ?

Pierre-Louis Coudercy

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